« Leur réaction est excessive, et je crains qu’elle ne puisse être compris des Français », a déclaré lundi dernier François Fillon. L’adjectif s’accordant en genre et en nombre avec le substantif qu’il qualifie, il aurait fallu dire : « Leur réaction est excessive, et je crains qu’elle ne puisse être comprise des Français».La faute du Premier Ministre n’est pas un cas isolé. « La réalité du problème reste entier », a déclaré une autre fois Dominique de Villepin. L’adjectif devait ici s’accorder avec la réalité, et celle-ci rester entière…
On ne me fera pas croire que ces messieurs n’ont pas appris les règles élémentaires de la grammaire. Ils les connaissent, et ils s’en foutent ! La France n’est plus une grande puissance. Ni le français, conséquemment, une langue à respecter ?
Semaine après semaine, j’entends d’éminents personnages - politiques, journalistes, universitaires - déclarer sur France Culture : « La comparaison a été fait… », « Ces générations sont pris en étau », « L’identité ne peut être fait que de… » On ne se donne plus la peine d'accorder les adjectifs !
Je voudrais bien que des linguistes se penchent sur ce symptôme, au lieu de toujours imputer la dégradation de la langue aux banlieues. Ou à l’invasion des anglicismes, ces autres boucs émissaires de notre mal parler…
La vérité, c’est que l’élite a jeté l’éponge. La langue se porte mal, et cela vient d’abord d’en haut. Nul populisme ici, juste une constatation. Cet abandon linguistique est aussi inquiétant que la désindustrialisation.

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