mardi 15 mai 2012
En anglais dans le texte
A une certaine époque de ma vie, je travaillais en anglais, je vivais en anglais, je rêvais en anglais. Je porte un véritable amour à la langue anglaise. Alors, tout naturellement, je me suis mise à écrire en anglais. Avec Conrad et Nabokov comme prédécesseurs, j'avais de quoi me sentir en bonne compagnie. Il reste encore deux textes sur des revues littéraires américaines en ligne. Le premier, Never Ever Boulevard, sur http://cafeirreal.alicewhittenburg.com/shorts6.htm (descendre un peu, c'est vers le milieu de la page), et l'autre, The Fridge, sur http://www.angelfire.com/wa2/margin/Sojfer.html. C'était il y a plus de dix ans. Les thématiques sont les mêmes qu'en français - ou plus exactement, j'ai repris les mêmes thématiques par la suite, quand je suis revenue au français. There you go.
vendredi 4 mai 2012
Votez pour moi
...sur Youtube http://www.youtube.com/watch?v=ucQmaizafOI et - faut-il vraiment le préciser ? - ne croyez pas un mot du discours que je fais semblant de tenir. J'ai écrit ce slam en 2006, et je l'ai dit sur de très nombreuses scènes. Je ne compte plus les gens qui sont venus me confier leur intention de voter pour moi. Certains sont allés jusqu'à me suggérer de me présenter, en vrai. C'est bien la preuve qu'on peut dire n'importe quoi en politique. Nos dirigeants ne s'en privent pas. Toute ressemblance entre la chanson sur http://www.youtube.com/watch?v=ggE9B2252UU&feature=channel&list=UL et une personnalité réelle serait bien sûr absolument fortuite.
dimanche 26 février 2012
Les romans-fleuves en audio
(photomontage: Christophe Touche)
Je les avais presque oubliés. Ils sont là, sur le web, enregistrés dès 2002 par Sylvie Caspar, la mythique voix d'Arte. Dix-huit romans-fleuves à écouter sur arteradio, http://www.arteradio.com/#auteur/17510/isabelle_sojfer/. N'est-ce pas que la mise en son est superbe ? Les textes et d'autres du même acabit sont à retrouver dans Cent quinze romans-fleuves, éditions Les petits matins (2007).
dimanche 8 janvier 2012
Estelle Micheau interprète Le Don
... ou comment un couple résout ses problèmes financiers en vendant la grand-mère organe après organe.
(Si la vidéo n'apparaît pas dans cette fenêtre, vous la trouverez sur https://www.youtube.com/watch?v=w0OW9ziRliI )
Le son est mauvais mais patientez trente-cinq secondes... Le talent d'Estelle Micheau vient à bout des pires conditions d'enregistrement. C'était une représentation publique en 2009 du côté d'Orléans. Les gens se sont bidonnés du début à la fin. Le Don est extrait d'un recueil de nouvelles, A conserver au frais, publié en 2006 aux éditions Les petits matins. Une autre comédienne avait interprété la nouvelle titre, A conserver au frais, c'était génial aussi, malheureusement je n'en ai pas de vidéo.
(Si la vidéo n'apparaît pas dans cette fenêtre, vous la trouverez sur https://www.youtube.com/watch?v=w0OW9ziRliI )
Le son est mauvais mais patientez trente-cinq secondes... Le talent d'Estelle Micheau vient à bout des pires conditions d'enregistrement. C'était une représentation publique en 2009 du côté d'Orléans. Les gens se sont bidonnés du début à la fin. Le Don est extrait d'un recueil de nouvelles, A conserver au frais, publié en 2006 aux éditions Les petits matins. Une autre comédienne avait interprété la nouvelle titre, A conserver au frais, c'était génial aussi, malheureusement je n'en ai pas de vidéo.
jeudi 29 décembre 2011
Fermer les yeux
On voudrait parfois fermer les yeux. Ou, plus exactement, ne plus penser que ce monde court à sa perte et que la vie est plutôt absurde. Que puis-je faire pour le monde ? Pas grand-chose. Aller le mieux possible, de façon à ne pas être un poids pour les autres. Je me sens vraiment utile quand je fais rire les gens. Mais tout ne prête pas à rire. J'ai ma liste de trucs pour quand je n'ai pas le moral. Je devrais peut-être la proposer sur ce blog. Mais une autre fois. Pour l'instant, je voudrais juste dormir. Fermer les yeux. Fermer les yeux.
mardi 6 décembre 2011
Commerce de chair

A en croire certain(e)s, il suffirait d'interdire la prostitution pour la faire disparaître. Et pourquoi ne pas s'enterrer la tête dans le sable comme les autruches, tant qu'on y est ? En matière de drogues, les politiques de prohibition ont largement montré leurs limites. Juste au moment où on est en train de les remettre en cause, il faudrait croire judicieuse la tolérance zéro en matière de commerce sexuel ?
Qui peut s'imaginer que les prostitué(e)s seront mieux protégé(e)s dans une clandestinité accrue ? Dans un monde ultracapitaliste, la logique serait plutôt d'accorder une protection à celles et ceux qui ont l'envie, le courage, le désespoir ou l'indifférence de vivre de leurs charmes. Comme l'a fait remarquer Elisabeth Badinter, une caissière peut préférer gagner en trois jours ce qu'elle gagnerait en un mois au supermarché. Quand on se rappelle que les prostituées payent des impôts sur leurs revenus estimés et des PV pour raccolage, on pourrait même trouver normal qu'elles bénéficient d'une protection sociale et de droits à la retraite.
Le problème, c'est qu'il y aurait peu de prostitué(e)s indépendant(e)s. L'expérience semble montrer que dans les pays où la prositution est légale (Pays-Bas par exemple), elle reste aux mains du crime organisé. Ce projet de loi signerait donc l'aveu d'impuissance de la République face aux mafias, et on peut se poser mille questions quant à son efficacité.
Qui peut croire qu'une fois votée l'abolition, les proxénètes relâcheront leurs victimes en disant : "Tu peux partir ma chérie, au revoir et merci pour tout" ? Que deviendront les prostitué(e)s ? Pourrait-il s'agir d'un projet machiavélique destiné à faire diminuer de quelques milliers le nombre des sans papiers en France ? Se préoccupe-t-on vraiment du sort des prostituées, ou veut-on juste "nettoyer" les villes, tout comme on installe du mobilier urbain à seule fin d'empêcher les sans abris d'offenser notre vue ?
Et qu'est-ce qu'une société qui voudrait que tout puisse se vendre et s'acheter, même les organes et la gestation pour autrui, à l'exception notable de ce qui relève de la sexualité ? Où placera-t-on les limites juridiques de la prostitution ? Quand un homme donnera de l'argent à sa compagne, devra-t-on les accuser, elle de prostitution, lui d'être son client ? Si un chômeur vit aux crochets de sa femme, l'accusera-t-on de proxénétisme ? Oui, si par hasard cette femme a un amant et si cet amant lui remet de l'argent pour quelque raison que ce soit. Ne sommes-nous pas alors guettés par un retour à un ordre moral inquiétant ? L'autre soir, j'ai failli me fâcher avec un ami pour avoir prononcé le mot de pétainisme. Il a cru que je le traitais de pétainiste. Les discussions sur ce sujet sont délicates et houleuses.
On a l'impression d'un déni. Un déni d'autant plus symptomatique qu'il faut de plus en plus "faire la pute" (façon de parler bien sûr...) pour obtenir le moindre emploi, et que les emplois sont de moins en moins payés. Comment ça, rien à voir ? Parce que ce n'est pas dégradant, de travailler à plein temps pour moins de 1000€ par mois ? De faire des stages pendant deux ou trois ans quand on a bac + 5? Jusqu'où ira-t-on dans cette obsession vertueuse qui ne supprimera pas la prostitution mais la rendra encore plus dangereuse ? S'attaquera-t-on ensuite à la pornographie ? Fera-t-on fermer les sex shops à Pigalle, qui attirent les touristes et sont entourés d'un tas de petits commerces, d'hôtels, de restaurants, qui eux aussi péricliteront ? Si c'est l'usage du corps qui est visé par le projet soumis au parlement, doit-on s'attendre à une future interdiction de la danse ? De la kinésithérapie ? Et quelles reconversions proposera-t-on aux personnes dont les activités se verront frappées d'interdit ? A cette dernière question, on peut répondre sans avoir de grandes chances de se tromper : aucune. Il n'y a pas de travail. C'est bien aussi une des causes majeures de la prostitution. La misère ne se raye pas d'un trait de plume, et ce projet de loi pourrait finir par poser plus de problèmes qu'il n'en résout.
Voici deux deux articles qui ne vont pas dans le même sens que ce post : résolument abolitionnistes, ils ne répondent pas aux questions que je me pose mais sont quand même intéressants :
http://www.lejim.info/spip/spip.php?article86
http://www.slate.fr/tribune/47207/prostitution-abolition
Et puis voici deux autres articles, plus nuancés, sur cette question décidément très complexe :
http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/01/05/doit-on-interdire-l-echange-marchand-en-vue-d-un-plaisir-sexuel_1625645_3232.html
http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/01/05/une-loi-abolitionniste_1626234_3232.html
mardi 22 novembre 2011
Orthographe : la cause perdue
Aujourd'hui, on ne déplore pas seulement la disparition de Madame Mitterrand : on est en deuil de l'orthographe, de la ponctuation, d'une certaine idée de la langue française à un certain niveau... Ce n'est certes pas une surprise : les signes s'accumulent au sommet de l'Etat depuis un bon moment. Le communiqué truffé de fautes de la Présidence de la République (repris sur http://www.lexpress.fr/) montre à qui en douterait encore que :
1. Une parfaite orthographe n'est plus nécessaire pour travailler à l'Elysée. (Voilà qui devrait susciter une vague de candidatures spontanées !)
2. Une orthographe qui n'est plus maîtrisée que par un tout petit pourcentage de la population doit être réformée au plus vite.
Quand je dis réforme, je ne parle pas des changements dérisoires auxquels l'Académie française consent chaque année du bout des lèvres...
Huit cents heures de français auraient disparu des programmes scolaires ces quatre dernières décennies. Une personne de soixante-quinze ans titulaire du certificat d'études primaires a une meilleure orthographe qu'un trentenaire bac + 7. N'en déplaise aux puristes, aucun retour en arrière n'est possible. Je me rappelle une prof de français avec qui j'ai travaillé pour un atelier d'écriture dans un établissement privé, une femme charmante, très enjouée, qui faisait trois fautes dans un courriel de cinq lignes... Et une autre, qui m'a dit un jour d'un air scandalisé : "L'orthographe? Mais enfin, je ne m'occupe pas de ça !" Les profs ont d'autres chats à fouetter, on ne peut pas leur jeter la pierre. Ce n'est pas leur faute si la part du français dans l'enseignement a rétréci comme peau de chagrin réforme après réforme. Enfin le résultat est là : la langue telle qu'il nous arrive encore de l'écrire sera une langue morte d'ici la fin du siècle. Tant que les élites la possédaient, que seul les povre ekrivai com sa, on pouvait fermer les yeux, se voiler la face, répéter comme un mantra que tout va bien. Mais les élites non plus n'y arrivent plus : la preuve aujourd'hui même. Les élites ne savent plus se reproduire du point de vue de l'orthographe ; leurs enfants s'en sortent à peine mieux que ceux des banlieues défavorisées.
Le choix à faire est terrifiant. Soit on reste collectivement en situation d'échec vis-à-vis de l'orthographe pandan ke la novlang simpoz del mem, soit on la réforme drastiquement mais on se coupe de notre patrimoine littéraire. Ne vaudrait-il pas mieux, tout de même, réinventer une langue écrite, à la fois assez simple et assez proche du françaisactuel, pour qu'on puisse encore lire Balzac dans le texte ?
1. Une parfaite orthographe n'est plus nécessaire pour travailler à l'Elysée. (Voilà qui devrait susciter une vague de candidatures spontanées !)
2. Une orthographe qui n'est plus maîtrisée que par un tout petit pourcentage de la population doit être réformée au plus vite.
Quand je dis réforme, je ne parle pas des changements dérisoires auxquels l'Académie française consent chaque année du bout des lèvres...
Huit cents heures de français auraient disparu des programmes scolaires ces quatre dernières décennies. Une personne de soixante-quinze ans titulaire du certificat d'études primaires a une meilleure orthographe qu'un trentenaire bac + 7. N'en déplaise aux puristes, aucun retour en arrière n'est possible. Je me rappelle une prof de français avec qui j'ai travaillé pour un atelier d'écriture dans un établissement privé, une femme charmante, très enjouée, qui faisait trois fautes dans un courriel de cinq lignes... Et une autre, qui m'a dit un jour d'un air scandalisé : "L'orthographe? Mais enfin, je ne m'occupe pas de ça !" Les profs ont d'autres chats à fouetter, on ne peut pas leur jeter la pierre. Ce n'est pas leur faute si la part du français dans l'enseignement a rétréci comme peau de chagrin réforme après réforme. Enfin le résultat est là : la langue telle qu'il nous arrive encore de l'écrire sera une langue morte d'ici la fin du siècle. Tant que les élites la possédaient, que seul les povre ekrivai com sa, on pouvait fermer les yeux, se voiler la face, répéter comme un mantra que tout va bien. Mais les élites non plus n'y arrivent plus : la preuve aujourd'hui même. Les élites ne savent plus se reproduire du point de vue de l'orthographe ; leurs enfants s'en sortent à peine mieux que ceux des banlieues défavorisées.
Le choix à faire est terrifiant. Soit on reste collectivement en situation d'échec vis-à-vis de l'orthographe pandan ke la novlang simpoz del mem, soit on la réforme drastiquement mais on se coupe de notre patrimoine littéraire. Ne vaudrait-il pas mieux, tout de même, réinventer une langue écrite, à la fois assez simple et assez proche du français
mardi 15 novembre 2011
Monstres
Outrée par J'irai cracher sur vos tombes, une jeune chanteuse a qualifié Boris Vian de pédophile. Preuve qu'un livre qui a fait scandale en 1947 peut continuer de choquer près de soixante-cinq ans plus tard. J'ai eu beau expliquer à cette personne qu'un auteur a le droit de dire "je" sans forcément parler de lui, que l'horreur qu'elle ressentait montrait combien le roman est réussi, je la sentais incrédule. Et comme, juste avant, elle avait manifesté l'intention de lire mes livres, je lui ai suggéré, finalement, de renoncer à les lire. Une lectrice de A conserver au frais m'a traitée de monstre, un jour, sur un Salon du livre. Il y a des gens qui prennent tout au premier degré. Curieusement, ça ne les choque pas de voir à la télé des meurtres et des gens qui en torturent d'autres. Ils n'auraient pas l'idée de dire que les scénaristes d'Hollywood sont des monstres. Leur indignation est toute sélective.
mardi 13 septembre 2011
Quelles nouvelles ?
La rentrée littéraire est une fois de plus l'occasion de constater à quel point la nouvelle est ignorée dans ce pays. On répète comme un mantra que le public n'aime pas la nouvelle. Mais le public n'y est pour rien ; il lit ce qu'on lui dit de lire. Ce sont les professionnels qui ont intérêt à balayer la nouvelle sous le tapis. Il est en effet plus facile de lire en diagonale un roman qu'un recueil de nouvelles ; plus facile de le résumer, plus facile de le vendre. Je tiens cette explication d'un éditeur qui a longtemps publié des recueils de nouvelles avant d'y renoncer. Il ne faut pas pour autant se décourager. En dépit des apparences, mes nouvelles restent bonnes.
vendredi 29 avril 2011
Les asticots
C'est une chanson écrite et créée en 2008. On (espère qu'on) ne pourra plus la chanter après 2012, alors je l'ai mise en ligne ( http://lesasticotslachanson.blogspot.com/ ), avec des diagrammes d'accords et un karaoké. Le refrain dit : Cossard pro ou pro Sarko, on nourrira les asticots. Cossard, à la fois nom et adjectif (cossarde au féminin), est un vieux mot signifiant paresseux.
jeudi 7 avril 2011
Où les trouver
"Vos bouquins, on peut les trouver où?" Partout. Ils sont très bien distribués, n'importe quelle librairie physique ou virtuelle les livre en 48 heures. Il suffit d'avoir le nom de l'auteur et celui de l'éditeur. Il y a trois titres. Empruntez-les donc à la bibliothèque. Rien qu'à Paris, A conserver au frais est disponible en 14 exemplaires. C'est important, les bibliothèques. Il faut profiter du prêt gratuit pendant qu'il existe encore. Je me sens toujours très honorée quand une bibliothèque publique a mes livres. Rendez-vous donc sur :http://b14-sigbermes.apps.paris.fr/ClientBookLine/recherche/NoticesDetaillees.asp?INSTANCE=EXPLOITATION&iNotice=1&ldebut=&chkckbox23=off&chk0=off&chk1=on&chk2=off&DISPLAYMENU=&IDTEZO=&IDTEZOBASE=&IDTEZOFORM=
et entrez dans le moteur de recherche : sojfer.
samedi 26 février 2011
Soyez con(sentant)
Certes, la publicité n’a jamais fait autre chose que nous décerveler. De bons moutons, contents de leur sort et malléables à souhait, voilà ce que doivent devenir les masses pour une poignée de manipulateurs cyniques. Depuis le lancement de la campagne Diesel, Be Stupid, ceux-ci doivent se frotter les mains. Jamais on n’était allé aussi loin dans l’éloge de la connerie. Et inutile de s’illusionner sur un quelconque second degré salvateur : il n’y en a pas. Cette pub valorise la bêtise et dénigre l’intelligence, point barre. Quiconque arbore le moindre vêtement Diesel se colle automatiquement sur le front le chiffre 666, la marque de la Bête dans l’Apocalypse. De là aux cauchemars que l’on croyait partis avec l’eau du bain du vingtième siècle, il n’y a qu’un pas que les heureux abrutis franchiront sans se poser de questions, dès qu’on leur en donnera l’opportunité. L’expression « bête à pleurer » prendra alors tout son sens. Je souhaite évidemment que l’avenir me donne tort. J'aime encore mieux passer pour stupide !
jeudi 10 février 2011
Langue
« Leur réaction est excessive, et je crains qu’elle ne puisse être compris des Français », a déclaré lundi dernier François Fillon. L’adjectif s’accordant en genre et en nombre avec le substantif qu’il qualifie, il aurait fallu dire : « Leur réaction est excessive, et je crains qu’elle ne puisse être comprise des Français».La faute du Premier Ministre n’est pas un cas isolé. « La réalité du problème reste entier », a déclaré une autre fois Dominique de Villepin. L’adjectif devait ici s’accorder avec la réalité, et celle-ci rester entière…
On ne me fera pas croire que ces messieurs n’ont pas appris les règles élémentaires de la grammaire. Ils les connaissent, et ils s’en foutent ! La France n’est plus une grande puissance. Ni le français, conséquemment, une langue à respecter ?
Semaine après semaine, j’entends d’éminents personnages - politiques, journalistes, universitaires - déclarer sur France Culture : « La comparaison a été fait… », « Ces générations sont pris en étau », « L’identité ne peut être fait que de… » On ne se donne plus la peine d'accorder les adjectifs !
Je voudrais bien que des linguistes se penchent sur ce symptôme, au lieu de toujours imputer la dégradation de la langue aux banlieues. Ou à l’invasion des anglicismes, ces autres boucs émissaires de notre mal parler…
La vérité, c’est que l’élite a jeté l’éponge. La langue se porte mal, et cela vient d’abord d’en haut. Nul populisme ici, juste une constatation. Cet abandon linguistique est aussi inquiétant que la désindustrialisation.
jeudi 23 décembre 2010
Publication posthume
C'était quelqu'un, mon chat. Lui aussi écrivait. Il marchait sur le clavier et produisait les phrases qu'on lira ci-dessous. Je les sauvegardais scrupuleusement. Je n’y pas apporté la moindre modification.Si les écrits de mon chat relèvent pour la plupart de l’onomatopée, le texte daté du 6 novembre 2008, azsé, ne nécessite pas de traduction. Mon chat avait son franc parler. Ce qu’il avait à dire, il le disait, gniaou ! gniaou ! gniaou !
Mon chat était né le 11 septembre 1993. Après une longue et brillante carrière de chasseur de souris, il avait progressivement perdu la vue. Il s’est éteint le 24 octobre 2010, dans sa dix-huitième année.
dfsrefgrtttttttttttt
:;l !;:lk
yuèèèèèèèèuji
rrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr
x
« « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « « e
(2004)
taç²uç rd?
(16 juin 2008)
azsé »
(6 novembre2008)
Iujk
J0F
(17 novembre 2008)
yèu-o_
(9 février 2009)
ui
(10 février 09)
^$sq
(10 mai)
^xws^)pop
(23 septembre 09)
oi
SXDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDDD
(3 février 2010)
vvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvcdddddddddddddddddddddddddddddddddddddddddddd
(30 mai 2010)
Aàààààààààààààààààààààààààààààààààààààààaz)
(1er juillet 2010)
Cxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx$*ùùùùùùùùùù
(19 juillet 2010)
lundi 24 mai 2010
Message à conserver
Je n'aime pas trop les réseaux sociaux, je préfère la vraie vie, mais là, ça valait vraiment le coup d'être sur Facebook. Voici ce que j'ai reçu : "Bonjour, je voulais simplement vous dire à quel point j'ai adoré et été touchée par "A conserver au frais" et voilà je voulais me tenir au courant de votre actualité, merci!"
lundi 8 mars 2010
Mademoidame
Retrouvez cet article sur le blog qui lui dédié, http://mademoidame.blogspot.com/ (prenez l'ascenseur et descendez tout en bas, c'est le premier article)
vendredi 5 mars 2010
Au bonheur des corbeaux

A peine paru, Loin de chez moi a été la cible d'une bande de blogueuses masquées. Je dis blogueuses parce les adjectifs qu'elles employaient pour décrire leur état - effarée, outrée - étaient au féminin; masquées parce qu'elles portaient des pseudonymes. Elles ont passé le livre au rouleau compresseur. D'après elles, il n'y aurait dans Loin de chez moi que des phrases sans verbes, "aucun sentiment", absolument "aucune histoire", la narratrice serait "froide et antipathique" et mon éditeur, qui leur en a aimablement adressé cinq exemplaires, se fait dire qu'il n'aurait pas dû publier le livre.
Une blogueuse n’était pas d’accord. A l’inverse des autres, elle était nuancée, elle connaissait même mes précédents recueils. Elle avait bien aimé Loin de chez moi. Elle s’est fait rembarrer par une phrase pleine d’insinuations : « Je trouve curieux », lisait-on dans les commentaires, « qu’une simple lectrice défende ce livre… » Après ça, elle n’a plus rien dit. Ces personnes fonctionnent en horde, anonymes sous la cagoule du pseudo, enhardies par leur nombre; elles cherchent à intimider quiconque ose dire qu’elles exagèrent.
Leur acharnement a tourné à l’hystérie quand j’ai posté un message. Je croyais dans ma naïveté qu’Internet servait à dialoguer avec des êtres humains. Je n’avais pas encore compris la sauvagerie de cette blogosphère anonyme où toutes les contradictions semblent admises : caricaturer l’œuvre en invoquant le respect de l’auteur, déconseiller la lecture d’un livre en prétendant ne parler qu’en son nom, parler en son nom sans jamais dire qui on est, n’admettre que des opinions proches de la sienne au nom de la liberté d’expression…
Une blogueuse n’était pas d’accord. A l’inverse des autres, elle était nuancée, elle connaissait même mes précédents recueils. Elle avait bien aimé Loin de chez moi. Elle s’est fait rembarrer par une phrase pleine d’insinuations : « Je trouve curieux », lisait-on dans les commentaires, « qu’une simple lectrice défende ce livre… » Après ça, elle n’a plus rien dit. Ces personnes fonctionnent en horde, anonymes sous la cagoule du pseudo, enhardies par leur nombre; elles cherchent à intimider quiconque ose dire qu’elles exagèrent.
Leur acharnement a tourné à l’hystérie quand j’ai posté un message. Je croyais dans ma naïveté qu’Internet servait à dialoguer avec des êtres humains. Je n’avais pas encore compris la sauvagerie de cette blogosphère anonyme où toutes les contradictions semblent admises : caricaturer l’œuvre en invoquant le respect de l’auteur, déconseiller la lecture d’un livre en prétendant ne parler qu’en son nom, parler en son nom sans jamais dire qui on est, n’admettre que des opinions proches de la sienne au nom de la liberté d’expression…
Au nom de la liberté d’expression, les blogueuses ont changé les paramètres de leur page pour contrôler toute nouvelle intervention ; elles ont censuré mon deuxième commentaire et laissé passer les messages qui abondaient dans leur sens. Il en résulte un long ramdam où des critiques amateurs se serrent les coudes et me désignent comme le vilain petit canard – une page où je n’apparais qu’une fois mais où je suis la seule à signer de son nom.
Des juges masqués n’ont pas à se préoccuper d’être équitables, ni même intelligents. Ces gens n’ont aucune légitimité pour conseiller les autres. Ils peuvent donner leur avis, et le mien vaut le leur. J’ai du mal à comprendre qu’on attaque un livre tiré à mille exemplaires ; ça ne me paraît ni utile, ni glorieux. Quand on s’y met à plusieurs avec autant de hargne, c’est que le livre ne laisse pas indifférent. Mais alors, il a déjà une qualité ! Et s’il en avait d’autres ? La première histoire de Loin de chez moi, Le Bungalow, est accessible dans son intégralité sur le site des Petits matins ://http://www.lespetitsmatins.fr/upload/extrait_59.pdf
mercredi 10 février 2010
Loin de chez moi

C'est mon nouveau livre. Il est en librairie depuis le 4 février, compte 221 pages, pèse 221 grammes et mesure 200 x 130 x 13 mm. Il est publié aux Petits matins, comme A conserver au frais et Cent quinze romans-fleuves , auxquels il ne ressemble pas du tout. Je l'ai composé par petites touches, comme un journal de voyage ou une fresque faite de centaines d'images. Toutes les histoires y sont faussement vraies, enfin réinventées, pourtant je n'avais jamais utilisé aussi directement le matériel autobiographique. C'était très expérimental pour moi. A l'origine, chaque paragraphe était séparé des autres par un interligne. Mon éditeur a imposé sa mise en page malgré mes protestations. Il en résulte un livre encore plus étrange, c'est d'ailleurs le sujet du livre, l'étrange et l'étranger, l'ailleurs et déplacement, l'évasion ou l'aliénation. Certains jours, même au tournant de la rue, je me sens déjà Loin de chez moi...
samedi 17 novembre 2007
jeudi 11 octobre 2007
Il faut se dépêcher (le cent seizième roman-fleuve)

La Belle au Bois Dormant a cent quinze ans au minimum. Quand bien même elle serait précoce et n'aurait que cent quartorze, voire cent douze ans, on ne trouvera plus dans sa tranche d'âge que des vétérans de la Grande Guerre. Il faut se dépêcher.
mardi 9 octobre 2007
Ma vie est un conte de fée

J’ai découvert A conserver au frais à la bibliothèque de mon quartier ! J’effectuais mon repérage de routine quand soudain, la tranche orange vif de mon recueil me saute aux yeux : A conserver au frais, à la cote SOJ ! Je fonce à la maison chercher mon appareil photo.
samedi 6 octobre 2007
Slam change

Lorsque j’ai commencé le slam, personne en dehors des initiés ne savait ce que c’était. Grands Corps Malade n’était pas encore célèbre. Il n’y avait que trois ou quatre scènes chaque semaine à Paris, et on pouvait aller partout si on était mordu comme je l’étais. Cette époque, qui semble si lointaine, se situe fin 2004.
lundi 1 octobre 2007
Rue Saint Ambroise

Revue de création littéraire. Je l’ai découverte en 2000, à son quatrième numéro. Elle diffusait à trois cents exemplaires. On la trouvait dans quelques librairies. J’aimais bien son format – à l’époque très allongé - et le mystère créé par l’absence d’éditorial. Il n’y avait que des textes de fiction, une quinzaine par numéro. Pas de déclaration d’intention ni d’indications biographiques.
J’ai envoyé une nouvelle. En ce temps-là, Rue Saint Ambroise se trouvait rue Saint-Ambroise, chez son fondateur Olivier Schulzynger. Il recevait régulièrement les auteurs pour des soirées. Chacun apportait un texte inédit, il le lisait quand son nom était tiré au sort. Il y avait Bernardo Toro (11), Silvain Gire (1), Philippe Aronson et Alexandre Gouzou (2) (les fondateurs de la revue Les Episodes), Nicolas Richard (3), Dorine Bertrand (4), Cyrille Pernet (5), Sébastien Doubenski (6), Stéphane Rosière (7), Stéphane Vallée, MathildeTixier, par la suite sont arrivés Pablo Krantz (8), Lola Gruber (9), Jean-Luc Bitton (10), et que tous ceux et celles que j’oublie de citer me pardonnent, Rue Saint Ambroise a publié entre cent et deux cents auteurs.
La revue est à présent hébergée par les éditions Les petits matins, 146 boulevard de Charonne, 75020 Paris, et dirigée par Bernardo Toro. Elle en est à son dix-neuvième numéro.http://ruesaintambroise.blogspot.com
J’ai envoyé une nouvelle. En ce temps-là, Rue Saint Ambroise se trouvait rue Saint-Ambroise, chez son fondateur Olivier Schulzynger. Il recevait régulièrement les auteurs pour des soirées. Chacun apportait un texte inédit, il le lisait quand son nom était tiré au sort. Il y avait Bernardo Toro (11), Silvain Gire (1), Philippe Aronson et Alexandre Gouzou (2) (les fondateurs de la revue Les Episodes), Nicolas Richard (3), Dorine Bertrand (4), Cyrille Pernet (5), Sébastien Doubenski (6), Stéphane Rosière (7), Stéphane Vallée, MathildeTixier, par la suite sont arrivés Pablo Krantz (8), Lola Gruber (9), Jean-Luc Bitton (10), et que tous ceux et celles que j’oublie de citer me pardonnent, Rue Saint Ambroise a publié entre cent et deux cents auteurs.
La revue est à présent hébergée par les éditions Les petits matins, 146 boulevard de Charonne, 75020 Paris, et dirigée par Bernardo Toro. Elle en est à son dix-neuvième numéro.http://ruesaintambroise.blogspot.com
1 Johnny est mort, Le Seuil, 2002
2 Alexandre Gouzou : J’aurais voulu que tout soit autrement, Liana Lévi, 2003
3 Week-end en couple avec handicap, Les petits matins, 2005
4 La preuve par neuf, Le Dilettante, 2004
5 Tout un hiver, Flammarion, 2003
6 Détail de ses publications sur sa page http://ytak.club.fr/doubinsky.html
7 Sixty-Nine Sit Poems, Les petits matins, 2005
8 Le saint cleptomane et la fille au vagin doré, Les petits matins, 2005
9 Douze histoires d’amour à faire soi-même, Les petits matins, 2005
10 La Mer de la tranquillité, Les petits matins, 2006
11 Contretemps, Les petits matins, 2006
vendredi 28 septembre 2007
Cent quinze romans-fleuves
Mon livre est arrivé, après cinq ans de gestation éditoriale. Les romans-fleuves existent depuis 2002. Ils vivaient déjà dans des revues littéraires (Rue Saint Ambroise, Brèves, Salmigondis), sur scène et sur arteradio http://www.arteradio.com/. Le recueil devait s'appeler Romans-fleuves tout court, puis ça n'a plus été possible, un autre livre venait de paraître sous ce titre.
Voici un lien vers une interview de Marie-Edith Alouf, mon éditeur aux Petits matins:
http://buzz.litteraire.free.fr/dotclear/index.php?2006/03/31/119-les-petits-matins-une-maison-d-edition-nouvelle-generation
mercredi 26 septembre 2007
Mon premier texte publié, ou Cendrillon au bal

J’écrivais depuis des années dans mon coin. Je n’y arrivais jamais. Un jour, je me rends compte que seul le début de mon roman est intéressant, il faut en faire une nouvelle. Après bien des résistances, je jette un an de travail. Je remanie ce qu’il me reste en dix très courts chapitres. Je l’intitule La nef des ogres*. Je l’envoie à la NRF, qui avait une rubrique " découvertes " et recevait sept cents manuscrits par an. Huit jours plus tard, ma nouvelle est retenue. Je suis convoquée rue Sébastien-Bottin par Bertrand Visage. A l’entrée, je croise Philippe Sollers avec son fume-cigarette. Je lui dis pardon monsieur quand il s’efface pour me laisser passer. Je fonce vers l’accueil, ma voix chevrote. Bertrand Visage me reçoit : " Mais vous êtes toute jeune ! " J’avais déjà trente-cinq ans. Il a semblé déçu. Il était très aimable. La nouvelle est parue en février 1997, puis le carrosse Gallimard est redevenu citrouille.
* Dans A conserver au frais.
* Dans A conserver au frais.
lundi 24 septembre 2007
Revue Harfang

" A conserver au frais, Isabelle Sojfer, Les Petits matins, 160 pages, 15€. N'est-ce pas dans les vieux contes que l'on fait les meilleures nouvelles ? Forte de cette bonne vieille recette, Isabelle Sojfer retourne les contes comme on retourne une chaussette. Commençant où les autres finissent : " Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants. Ils habitaient la prison rose à la sortie de Janville. " Délaissant les temps merveilleux et les " Il était une fois... " pour une réalité contemporaine plus prosaïque : ainsi "Une fois dans sa vie, Cendrillon a vingt ans ", elle dort dans une chambre de bonne et se fait piquer son Prince Charmant par sa demi-sœur, et ce n'est qu'après mainte péripéties qu'elle rencontre l'âme sueur à quarante huit ans : " Ils se marient et ils sont très heureux les six premières semaines ". Même ton pour Les nains qui "habitent un pavillon mal chauffé, à dix minutes de la gare RER d Argençon-sur-Marne. Malgré le manque de place, ils hébergent BN depuis trois mois. La Gaule n'a même pas essayé de la sauter "... et pour cause, Blanche-Neige est la pire des emmerdeuses ! Et enfin, comment ne pas dire avec l'une des quatre enfants de l'ogre-traiteur : " Je suis née à Rebourg " quand tout va à l'envers, quand le père finira par tuer par erreur le fils prodige avant de se résoudre à le manger : " Tout le mérite en revient à mon fils. L'essentiel dans le pâté, c'est la matière première " ! Isabelle Sojfer raconte les petites tragédies quotidiennes qui font parfois les gros titres des faits divers, en pages intérieures des journaux de province. Elle a le mérite de grossir un peu le trait pour que l'on n'oublie pas toutes ces nouvelles fraîches qui sont à conserver à l'envers de nos bons vieux contes ! "
(Joël Glaziou dans Harfang N° 28, mai 2006)
Revue Harfang, 13 bis boulevard Vauban, 49000 ANGERS
Revue Harfang, 13 bis boulevard Vauban, 49000 ANGERS
jeudi 20 septembre 2007
A conserver au frais

"Les treize nouvelles de À conserver au frais sont construites sur le mode des contes, qu’on n’ose dire de fées. On y trouve des parents épouvantables, perdant volontairement ou tuant leurs enfants, des Poucet abandonnés, des rejetons ingrats, des nains méchants, de jeunes Cendrillons perdues, des personnages redoutables, mais qui sont eux-mêmes si floués…. Visions très sombres du mariage, de la famille (voir Le don, épouvantable !), de la société de consommation, des rêves enfuis, restituées avec un cynisme et une lucidité effrayante. De plus, Isabelle Sojfer frôle le fantastique avec plusieurs nouvelles exceptionnelles, notamment L’expulsion, étonnante. Quoi qu’il en soit, les terribles et jubilatoires nouvelles d’Isabelle Sojfer révèlent l’horreur existentielle générée par le monde moderne, un monde pénitentiaire, schizoïde, qui engendre de la solitude. Une vision des choses sans appel, un talent certain, à suivre absolument. " (Isabelle Howald dans Page des Libraires, mars 2006).http://www.pagedeslibraires.com/
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