dimanche 3 février 2008

Je déménage...


Il reste encore quelques messages ici (en dessous). Retrouvez-moi sur http://www.myspace.com/isabellesojfer et sur http://sojfer.canalblog.com

jeudi 11 octobre 2007

Il faut se dépêcher (le cent seizième roman-fleuve)


La Belle au Bois Dormant a cent quinze ans au minimum. Quand bien même elle serait précoce et n'aurait que cent quartorze, voire cent douze ans, on ne trouvera plus dans sa tranche d'âge que des vétérans de la Grande Guerre. Il faut se dépêcher.

mardi 9 octobre 2007

Ma vie est un conte de fée


J’ai découvert A conserver au frais à la bibliothèque de mon quartier ! Voilà quinze ans que je lorgne vers l'étagère où se trouveront un jour mes livres. J’effectuais mon repérage de routine quand soudain, la tranche orange vif de mon recueil me saute aux yeux : A conserver au frais, à la cote SOJ ! Je fonce à la maison chercher mon appareil photo.

lundi 8 octobre 2007

Votez pour moi



Je suis venue vous dire un slam
Pour vous parler de mon programme
J’ai décidé de me présenter à l’élection présidentielle
Une occasion providentielle
C’est vrai, y a beaucoup de candidats
C’est pas facile de faire un choix
Mais rien que pour vous je passerai des lois
Si t’es à la rue t’inquiète plus
si t’es pour moi je te donne un toit
si t’as de l’argent je suis ton agent
Place-moi juste au gouvernement
Et c’est ainsi que je ratisse
Sur ma droite, sur ma gauche
Je suis contre les impôts qui fauchent
Si mon heure sonne
y aura plus de taxes pour personne
Et des allocations pour tous
Faut des allocutions qui moussent
Comme l’a dit mon futur prédécesseur
Qui depuis le temps est connaisseur
Les promesses n’engagent que ceux à qui on les fait
Il n’est pas nécessaire qu’elles soient suivies d’effet
Votez pour moi !
Les comptes on les fera demain
Pour l’instant je veux serrer des mains
Me tenir à l’écoute du monde
Car toujours dans son sens j’abonde
T’es pour ceci ? Ben moi aussi
T’es pour cela ? C’est tout comme moi !
et surtout ne va pas croire
que j’ai pas de convictions
Je les affirme haut et fort à la télévision
je veux dépasser les clivages
c’est pour ça que j’ grimpe dans les sondages
Je réformerai la police
qui rend déjà de grands sévices !
Je réformerai la justice
pour qu’on puisse se plaindre comme on pisse !
Je ferai planter partout des fleurs
Pour que ça crée tout plein de bonheur !
Votez pour moi !
Je me présente
Si je suis élue présidente
Je promets de faire le maximum
Je commencerai par ma pomme
Je combattrai la corruption
En nourrissant mon ambition
Je vous ferai croire que mon profit crée des emplois
Que l’entreprise et son emprise
Sont votre seule planche de salut
Qu’il faut renoncer à la Sécu
Les experts espèrent une reprise
Grâce à moi y aura moins de crises
Et si y a une aggravation
Je blâmerai la mondialisation
Votez pour moi !
Françaises Français
qui que vous soyez
qui m’écoutez dans vos foyers
j’ai compris vos aspirations
De la répression sur ma droite
Et des subventions sur ma gauche
Et favoriser les embauches
Vaincre la discrimination
Mieux que Sarko mieux que Ségo
j’inaugurerai des Mc Do
Au nom de la diversité
Au sein de nos diverses cités
Votez pour moi !
Une fois au sommet de l’Etat
Je m’engage à maintenir l’état de droit
Un programme de construction pénitentiaire ambitieux
Règlera tous les contentieux
Des députés seront dépités
Je m’arrangerai pour les faire buter
En cas d’émeute si j’en donne l’ordre
Tous mes chiens se mettront à mordre
Si je suis cynique, si je vous nique
Ce sera au nom de la République !
Vous aurez le temps de méditer
quand vous aurez voté pour moi
© Isabelle Sojfer, 2006








dimanche 7 octobre 2007

Conrad, Nabokov, Beckett et moi


Des gens prétendent qu'on ne peut être écrivain que dans sa langue maternelle, mais les exemples sont là pour prouver le contraire. Nabokov et Conrad écrivaient en anglais, alors qu'ils étaient russe pour le premier, polonais pour le second. Beckett, irlandais, écrivait en français. On peut écrire dans n'importe quelle langue pourvu qu'on la maîtrise et qu'on l'aime. Moi, c'est l'anglais qui fond dans la bouche. J'ai mis des années à l'apprendre, à perdre mon accent; on n'a jamais fini. A un certain moment, je vivais tellement en anglais même ici à Paris que j'ai voulu faire comme Conrad et Nabokov. A mon échelle évidemment. Toute une partie de l'année 2000, j'ai écrit en anglais de petits textes incongrus qui préfiguraient les romans-fleuves. Des revues littéraires américaines en ont publié. J'ai retrouvé celui-ci sur la toile:
http://www.angelfire.com/wa2/margin/Sojfer.html

samedi 6 octobre 2007

Slam change


Lorsque j’ai commencé le slam, personne en dehors des initiés ne savait ce que c’était. Grands Corps Malade n’était pas encore célèbre. Il n’y avait que trois ou quatre scènes chaque semaine à Paris, et on pouvait aller partout si on était mordu comme je l’étais. Cette époque, qui semble si lointaine, se situe fin 2004. Pour moi qui avais toujours vécu l’écriture comme un retrait du monde, le slam a tout changé. J’ai découvert que j’adorais monter sur scène et prendre le micro. Qu’un texte terminé dans la journée pouvait être livré au public le soir même. Que l’écriture, loin d’être un facteur d’isolement et d’introversion comme je l’avais toujours cru, servait à rencontrer les autres.
Ici une pensée toute particulière pour Orcy et pour Angel Pastor, ces deux anges des cafés parisiens.

lundi 1 octobre 2007

Rue Saint Ambroise




Revue de création littéraire. Je l’ai découverte en 2000, à son quatrième numéro. Elle diffusait à trois cents exemplaires. On la trouvait dans quelques librairies. J’aimais bien son format – à l’époque très allongé - et le mystère créé par l’absence d’éditorial. Il n’y avait que des textes de fiction, une quinzaine par numéro. Pas de déclaration d’intention ni d’indications biographiques.
J’ai envoyé une nouvelle. En ce temps-là, Rue Saint Ambroise se trouvait rue Saint-Ambroise, chez son fondateur Olivier Schulzynger. Il recevait régulièrement les auteurs pour des soirées. Chacun apportait un texte inédit, il le lisait quand son nom était tiré au sort. Il y avait Bernardo Toro (11), Silvain Gire (1), Philippe Aronson et Alexandre Gouzou (2) (les fondateurs de la revue Les Episodes), Nicolas Richard (3), Dorine Bertrand (4), Cyrille Pernet (5), Sébastien Doubenski (6), Stéphane Rosière (7), Stéphane Vallée, MathildeTixier, par la suite sont arrivés Pablo Krantz (8), Lola Gruber (9), Jean-Luc Bitton (10), et que tous ceux et celles que j’oublie de citer me pardonnent, Rue Saint Ambroise a publié entre cent et deux cents auteurs.
La revue est à présent hébergée par les éditions Les petits matins, 146 boulevard de Charonne, 75020 Paris, et dirigée par Bernardo Toro. Elle en est à son dix-neuvième numéro.
http://ruesaintambroise.blogspot.com

1 Johnny est mort, Le Seuil, 2002
2 Alexandre Gouzou : J’aurais voulu que tout soit autrement, Liana Lévi, 2003
3 Week-end en couple avec handicap, Les petits matins, 2005
4 La preuve par neuf, Le Dilettante, 2004
5 Tout un hiver, Flammarion, 2003
6 Détail de ses publications sur sa page
http://ytak.club.fr/doubinsky.html
7 Sixty-Nine Sit Poems, Les petits matins, 2005
8 Le saint cleptomane et la fille au vagin doré, Les petits matins, 2005
9 Douze histoires d’amour à faire soi-même, Les petits matins, 2005
10 La Mer de la tranquillité, Les petits matins, 2006
11 Contretemps, Les petits matins, 2006

vendredi 28 septembre 2007

Cent quinze romans-fleuves

Mon livre est arrivé, après cinq ans de gestation éditoriale. Les romans-fleuves existent depuis 2002. Ils vivaient déjà dans des revues littéraires (Rue Saint Ambroise, Brèves, Salmigondis), sur scène et sur arteradio http://www.arteradio.com/.
Le recueil devait s'appeler Romans-fleuves tout court, puis ça n'a plus été possible, un autre livre venait de paraître sous ce titre.
Voici un lien vers une interview de Marie-Edith Alouf, mon éditeur aux Petits matins:
http://buzz.litteraire.free.fr/dotclear/index.php?2006/03/31/119-les-petits-matins-une-maison-d-edition-nouvelle-generation


mercredi 26 septembre 2007

Mon premier texte publié, ou Cendrillon au bal


J’écrivais depuis des années dans mon coin. Je n’y arrivais jamais. Un jour, je me rends compte que seul le début de mon roman est intéressant, il faut en faire une nouvelle. Après bien des résistances, je jette un an de travail. Je remanie ce qu’il me reste en dix très courts chapitres. Je l’intitule La nef des ogres*. Je l’envoie à la NRF, qui avait une rubrique " découvertes " et recevait sept cents manuscrits par an. Huit jours plus tard, ma nouvelle est retenue. Je suis convoquée rue Sébastien-Bottin par Bertrand Visage. A l’entrée, je croise Philippe Sollers avec son fume-cigarette. Je lui dis pardon monsieur quand il s’efface pour me laisser passer. Je fonce vers l’accueil, ma voix chevrote. Bertrand Visage me reçoit : " Mais vous êtes toute jeune ! " J’avais déjà trente-cinq ans. Il a semblé déçu. Il était très aimable. La nouvelle est parue en février 1997, puis le carrosse Gallimard est redevenu citrouille.

* Dans A conserver au frais.

lundi 24 septembre 2007

Revue Harfang


" A conserver au frais, Isabelle Sojfer, Les Petits matins, 160 pages, 15€. N'est-ce pas dans les vieux contes que l'on fait les meilleures nouvelles ? Forte de cette bonne vieille recette, Isabelle Sojfer retourne les contes comme on retourne une chaussette. Commençant où les autres finissent : " Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants. Ils habitaient la prison rose à la sortie de Janville. " Délaissant les temps merveilleux et les " Il était une fois... " pour une réalité contemporaine plus prosaïque : ainsi "Une fois dans sa vie, Cendrillon a vingt ans ", elle dort dans une chambre de bonne et se fait piquer son Prince Charmant par sa demi-sœur, et ce n'est qu'après mainte péripéties qu'elle rencontre l'âme sueur à quarante huit ans : " Ils se marient et ils sont très heureux les six premières semaines ". Même ton pour Les nains qui "habitent un pavillon mal chauffé, à dix minutes de la gare RER d Argençon-sur-Marne. Malgré le manque de place, ils hébergent BN depuis trois mois. La Gaule n'a même pas essayé de la sauter "... et pour cause, Blanche-Neige est la pire des emmerdeuses ! Et enfin, comment ne pas dire avec l'une des quatre enfants de l'ogre-traiteur : " Je suis née à Rebourg " quand tout va à l'envers, quand le père finira par tuer par erreur le fils prodige avant de se résoudre à le manger : " Tout le mérite en revient à mon fils. L'essentiel dans le pâté, c'est la matière première " ! Isabelle Sojfer raconte les petites tragédies quotidiennes qui font parfois les gros titres des faits divers, en pages intérieures des journaux de province. Elle a le mérite de grossir un peu le trait pour que l'on n'oublie pas toutes ces nouvelles fraîches qui sont à conserver à l'envers de nos bons vieux contes ! "
(Joël Glaziou dans Harfang N° 28, mai 2006)
Revue Harfang, 13 bis boulevard Vauban, 49000 ANGERS

Ecrivain? Ecrivaine?


Je n'ai jamais ambitionné de devenir écrivaine, mais j’ai voulu être écrivain dès mon plus jeune âge. Je suis donc écrivain. Les autres peuvent dire comme ça leur chante.

jeudi 20 septembre 2007

A conserver au frais


"Les treize nouvelles de À conserver au frais sont construites sur le mode des contes, qu’on n’ose dire de fées. On y trouve des parents épouvantables, perdant volontairement ou tuant leurs enfants, des Poucet abandonnés, des rejetons ingrats, des nains méchants, de jeunes Cendrillons perdues, des personnages redoutables, mais qui sont eux-mêmes si floués…. Visions très sombres du mariage, de la famille (voir Le don, épouvantable !), de la société de consommation, des rêves enfuis, restituées avec un cynisme et une lucidité effrayante. De plus, Isabelle Sojfer frôle le fantastique avec plusieurs nouvelles exceptionnelles, notamment L’expulsion, étonnante. Quoi qu’il en soit, les terribles et jubilatoires nouvelles d’Isabelle Sojfer révèlent l’horreur existentielle générée par le monde moderne, un monde pénitentiaire, schizoïde, qui engendre de la solitude. Une vision des choses sans appel, un talent certain, à suivre absolument. " (Isabelle Howald dans Page des Libraires, mars 2006).
http://www.pagedeslibraires.com/